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Le guidage antérieur – Pourquoi, Quand, Comment ? - Jean-Philippe Ré



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Séance D103 : Guidage antérieur: pourquoi, quand, comment ?

Pourquoi ?
L’atterrissage mandibulaire dans la position donnée par l’Occlusion d’Intercuspidie Maximale (OIM) est, à l’approche de la position de fermeture, directement influencé par les contacts occlusaux survenant en position mandibulaire excentrée. Lorsque les contacts sont antérieurs, ils définissent la fonction occlusale physiologique de guidage.
À la manière d’un cône d’accès, les surfaces de guidage pilotent l’élévation mandibulaire directement vers la cible que constitue l’OIM, évitant, ainsi, les contacts au niveau des dents postérieures et facilitant la coordination neuromusculaire. Il s’agit d’un pilotage proprioceptif, fin et réactif, fondé sur l’anticipation. Les mouvements mandibulaires nécessaires aux diverses fonctions sont alors simples, économes, sans obstacle dentaire.
Ainsi, lors d’un mouvement d’excursion mandibulaire (propulsion rétropulsion, ou diduction), les contacts entre les dents antérieures provoquent une désocclusion immédiate des dents pluricuspidées. De même, ces contacts constituent les pentes du cône d’accès à l’OIM des mouvements incursifs.

Quand ?
On distingue :
- le guide vers l’avant : en propulsion/rétropulsion : sur les crêtes proximales des incisives maxillaires, et la crête distale des canines maxillaires ;
- le guide en latéralité: guide canin en diduction : sur le pan mésial de l’arête médiane de la canine maxillaire en classe I d’Angle ;
- le guide vers l’arrière : guide antirétroposition (GAR) : les contacts occlusaux sur le trajet OIM–ORC (rétraction/ protraction) sont préférentiellement situés sur le pan mésial de la cuspide linguale des premières prémolaires maxillaires. Cette cuspide montre une pente abrupte, débordante, véritable barrière anti rétroposition.

Comment ?
Les contacts déclenchent des réflexes d’évitement mais aussi une  réduction significative de la capacité de contraction des muscles élévateurs.
Le guide antérieur, bien plus qu’un guidage mécanique, agit comme un système autocontrôlé par un retour d’informations où de légers contacts intermittents permettent au système nerveux central de programmer l’amplitude des mouvements mandibulaires et la vitesse d’impact afin d’éviter les contacts occlusaux excentrés.
Plus les informations tactiles sont précises, plus l’information est facile à acquérir et à interpréter et plus le recrutement mandibulaire en sera facilité.
Ces contacts intermittents doivent être :
- ponctuels ou linéaires ;
- toujours identiques ;
- sur une dent «sensible » (dent antérieure) ;
- sur une zone inclinée (pente de guidage).

Les trajets fonctionnels ainsi induits seront économes. Ils permettront de diminuer :
- les surcharges dentaires (faible fréquence des contacts) ;
- les contraintes articulaires (absence de compression ou de distension) ;
-  le travail musculaire par symétrisation des fonctions (mastication alternée).

De la même manière, seront abordés les anomalies de guidage qui discernent les interférences et les prématurités suivant la direction du mouvement générant ces contacts occlusaux à caractères pathogènes.
On distinguera :
- L’interférence occlusale qui est définie comme un obstacle dentaire limitant ou déviant les mouvements mandibulaires de translation.
- La prématurité occlusale qui est définie comme un contact occlusal décentrant le chemin de fermeture lors d’un mouvement d’élévation.

Références bibliographiques
1. Orthlieb JD, Darmouni L, Pedinielli A, Jouvin Darmouni J. Fonctions occlusales : aspects physiologiques de l’occlusion dentaire humaine. EMC - Médecine buccale 2013;0(0):1-11 [Article 28-160-B-10].
2. Orthlieb JD, Darmouni L, Jouvin J, Pedinielli A. Dysfonctions occlusales : anomalies de l’occlusion dentaire humaine. EMC - Médecine buccale 2013;0(0):1-11 [Article 28-160-B-11].

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