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Traiter la douleur aigüe - Fenelon Mathilde



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Séance - B18 : La prise en charge de la douleur 

L’International Association for the Study of Pain (IASP) définit la douleur comme « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle ou décrite en terme d’une telle lésion ». Les douleurs aigues ou par excès de nociception résultent d’un stimulus chimique, thermique ou mécanique détecté par des nocicepteurs. Les nocicepteurs de la sphère oro-faciale sont répartis dans la muqueuse buccale, la pulpe dentaire, le desmodonte et les tissus osseux et vasculaires. Les afférences nerveuses se font principalement vers le complexe sensitif du trijumeau. 
C’est l’importance de l’innervation de la sphère oro faciale qui explique la sensibilité de cette région à la douleur.
La prise en charge de la douleur aigue en chirurgie dentaire repose dans un premier temps sur l’évaluation globale de la douleur ressentie par le patient. Le praticien doit caractériser la douleur par son intensité, sa localisation, son évolutivité ainsi que son étiologie. Selon l’étiologie de la douleur, un geste thérapeutique peut être réalisé en association avec la mise en place d’un traitement antalgique. Enfin, pour tout geste effectué, le praticien doit assurer la prévention et le traitement des douleurs post opératoires. Pour cela, il doit prendre en compte les facteurs prédictifs de son apparition et de son intensité.
Selon l’intensité de la douleur (légère, modérée ou intense), le chirurgien dentiste peut avoir recours à trois paliers d’antalgiques. Pour les douleurs faibles à modérées, le paracétamol à doses efficaces (1 000 mg par prise) est recommandé en première intention. Pour des douleurs modérées à intenses ou insuffisamment soulagées par le paracétamol, plusieurs options sont possibles : AINS, opioïdes faibles seuls ou associés au paracétamol, tramadol. Les antalgiques de palier III (opioïdes forts) sont indiqués dans les douleurs intenses et/ou rebelles aux antalgiques de niveau plus faible. 

Pour chaque situation clinique, le praticien doit évaluer les contre-indications et précautions d’emploi des traitements antalgiques envisagés selon le terrain du patient (âge, pathologies, traitements concomitants et grossesse) afin d’anticiper et de prévenir les risques d’effets indésirables. Enfin, le praticien doit s’assurer de respecter certaines modalités de prescription. La prescription doit énoncer clairement la posologie, les horaires des prises et couvrir l’ensemble du nycthémère.
La prise en charge de la douleur aigue en chirurgie dentaire repose sur l’évaluation globale de la douleur. Ainsi, le praticien peut instaurer un traitement antalgique adapté associé ou non à un geste thérapeutique étiologique.
Bibliographie :
« Prise en charge des douleurs de l’adulte modérées à intenses » Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) : Mise au point (Aout 2011)
« Prévention et traitement de la douleur postopératoire en chirurgie buccale »
HAS (Haute autorité de santé) : recommandations de bonne pratique (novembre 2005)

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