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Evaluer la douleur : comment ? Pourquoi ? - Melin Céline



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Séance - B18 : La prise en charge de la douleur 

La douleur reste le principal motif de consultation en odontologie. L’évaluation d’un phénomène aussi subjectif peut sembler délicate car il n’existe pas d’appareil de mesure objective de la douleur. Cependant cette évaluation est essentielle. Outre le fait qu’il s’agisse d’une obligation légale, elle va permettre d’établir un diagnostic, de comprendre au mieux les mécanismes générateurs de la douleur et donc de mettre en place la prise en charge la mieux adaptée. Cette évaluation permettra aussi d’avoir une référence initiale afin de pouvoir effectuer un suivi et éventuellement un ajustement de la prise en charge. Cette évaluation doit donc être complète, afin d’éviter les pièges des douleurs référées, des douleurs semblables en typologie ou en localisation mais d’origine étiologique différente, mais aussi de dépister les douleurs chroniques. En effet, l’évaluation de la douleur aiguë (douleur signal d’alarme indispensable à la survie) est bien connue, par contre, celle de la douleur chronique (douleur maladie) reste souvent problématique.
Comment faire cette évaluation ? L’étape fondamentale et souvent négligée est l’anamnèse. Lorsqu’elle est complète et précise, elle permet dès cette première étape d’avoir une bonne orientation diagnostique qui sera confirmée par l’examen clinique et si besoin les examens complémentaires. Cette anamnèse précise l’histoire de la douleur (expériences passées, quand et comment sont apparus les symptômes, comment ils ont évolués, les prises en charge essayées et leur efficacité ou échec …), les caractéristiques de la douleur (où, quand, comment, combien, qu’est ce qui provoque, augmente ou diminue la douleur, présence de signes ou douleurs associées, son impact sur la qualité de vie personnelle ou professionnelle ?), l’histoire du patient (maladies, antécédents familiaux, allergies, traitements généraux et dentaires en cours, but et fréquence des dernières visites, état marital, profession, addictions, parafonctions). L’examen clinique confirme l’hypothèse diagnostique. L’examen extra-oral trop souvent oublié est riche d’informations. Il commence par une inspection du visage statique (symétrie, tuméfaction, masse, sudation, signes de traumatismes, paralysie, congestion nasale, rhinorrhée), puis dynamique (amplitude et symétrie des mouvements mandibulaire, douleur provoquée par ces mouvements). Ensuite le praticien réalise les palpations (ganglions, glandes salivaires, sinus, ATM au repos et en fonction, muscles masticateurs). Enfin, l’auscultation peut permettre de confirmer un diagnostic au niveau des ATM. L’examen intra-oral ne doit pas se limiter à un examen des tissus dentaires, mais doit être précédé par un examen des muqueuses, du parodonte et de l’occlusion. Il peut être complété par différents tests diagnostiques. Le choix de ces tests est orienté par les indices précédemment identifiés. Certains d’entre eux ont pour objectif de confirmer et préciser les indices recueillis au cours de l’anamnèse, comme les tests thermiques, de percussion, de morsure. Ils pourront être complétés avec une palpation cervicale, apicale, un sondage parodontal. Le test anesthésique va permettre de confirmer l’origine d’une douleur, ce qui peut être intéressant notamment pour les douleurs référées. Enfin, l’évaluation pourra éventuellement, lorsque c’est indiqué, être complétée par des examens complémentaires (imagerie médicale, d’examens de laboratoires, mycologique par exemple, d’un examen sensoriel ou neurologique des paires crâniennes, d’une écho, scialo, scintigraphie des glandes salivaires.

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