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Les conférences du congrès ADF

Thérapeutiques non médicamenteuses : Quintard Martine



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Séance - B18 : La prise en charge de la douleur 

La douleur est une réalité quotidienne en chirurgie dentaire. Qu’elle soit raison de consultation ou qu’elle soit provoquée par un geste de soin, il est indispensable de la prendre en charge du fait de l’inconfort qu’elle peut générer mais aussi au regard des risques de complications et en particulier de chronicisation qu’elle représente si elle est insuffisamment traitée [1]. Pour cela, les médicaments antalgiques apparaissent comme une évidence. Cependant, des moyens non médicamenteux moins connus et pourtant efficaces existent et méritent d’être développés comme alternative ou complément à la médication antalgique, chez l’adulte comme chez l’enfant. Le 3ème plan de lutte contre la douleur 2006-2010 a d’ailleurs préconisé l’utilisation des méthodes non pharmacologiques pour une prise en charge de qualité des patients [2]. Ces méthodes sont de deux types, physiques lorsqu’elles utilisent le corps comme médiation et psycho comportementales quand elles s’adressent aux ressources du patient pour le rendre acteur de la situation et permettre une modification de comportement. Quelles que soient ces méthodes, elles se différencient par les mécanismes physiologiques et psychiques qu’elles mettent en jeu. Ces différences ont une incidence sur les indications, le choix de la méthode, sa mise en œuvre ainsi que sur la participation plus ou moins importante du patient. Parmi les techniques physiques nous décrirons la thermothérapie et cryothérapie, les frictions et massages et la contre-irritation par laquelle une douleur peut en masquer une autre. Deux systèmes physiologiques de l’organisme inhibant la transmission du message douloureux, « gate control » et « contrôle inhibiteur diffus descendant de la nociception », en expliquent leur efficacité. Les techniques psycho-comportementales quant à elles, mettent en jeu un système de l’organisme différent, le « contrôle cortical ». Parmi celles-ci, certaines semblent plus utiles dans le domaine de la chirurgie dentaire : diversion, imagerie dirigée, respiration contrôlée, hypnose, techniques artistiques avec en particulier la musique et renforcement pour la prise en charge spécifique de l’enfant. Ces méthodes psycho-comportementales connues pour leur efficacité clinique n’ont pas toutes été évaluées. Une attention particulière sera portée à l’hypnose qui se développe de plus en plus en dentisterie et dont l’efficacité dans le domaine de la prévention et de la prise en charge de la douleur est aujourd’hui largement démontrée. Une meilleure connaissance physiopathologique de cette pratique amène à préconiser un changement dans la manière de communiquer avec le patient pour permettre moins d’anxiété et de douleur qu’il serait intéressant de voir se développer en pratique dentaire. Il s’agit de la communication dite « hypnotique » ou « thérapeutique » qui consiste à supprimer les tournures de phrase intégrant la négation (ex : ne pas dire « ne vous inquiétez pas » mais « soyez rassuré »), adopter des mots évocateurs d’images positives (ex : ne pas dire « attention je vous pique ! » mais « je réalise l’anesthésie qui va endormir la zone ») et enfin projeter dans un futur positif (ex : ne pas dire « j’arrache la dent, ça risque de saigner ! » mais « tout à l’heure quand j’ai fini le soin, vous êtes tranquille à la maison avec votre famille, que faites-vous avec eux ? »

Bibliographie
[1] Estebe JP. Incidence et facteurs de risque de la douleur chronique postchirurgicale. Annales françaises d’anesthésie et de réanimation, 2009. Elsevier Masson.

[2] Ministère de la Santé et des Solidarités. Plan national d’amélioration de la prise en charge de la douleur 2006-2010. Paris ; 2006.

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