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Et si maintenant on pouvait aussi simplifier l'obturation ? - Claisse-Crinquette Anne



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Séance - B35 : Simplification et efficacité en endodontie : oui c'est possible !

Au cours du temps les techniques d’obturations canalaires ont évolué avec pour objectif de maintenir au mieux la désinfection obtenue à l’issue du traitement endodontique grâce à un scellement le plus étanche possible de l’ensemble du système canalaire.
La technique monocône a toujours séduit les praticiens par sa rapidité et sa facilité de mise en œuvre. Cependant, l’ajustage aléatoire du cône de gutta et les piètres propriétés des ciments d’obturation classiques, qui se rétractent et se dégradent avec le temps, en font une méthode peu fiable.
C’est la raison pour laquelle les techniques d’obturation à la gutta chaude ont jusqu’alors été préconisées. Elles utilisent les propriétés thermo-plastiques de la gutta et permettent ainsi d’obtenir une obturation tridimensionnelle en réduisant au maximum le volume du ciment canalaire, au profit du matériau d’obturation. Cependant, les techniques de gutta chaude présentent aussi quelques inconvénients, la gutta se rétracte en refroidissant et occasionne des vides ; elles nécessitent des évasements canalaires importants qui diminuent la résistance mécanique de la dent ; enfin, elles sont longues à mettre en œuvre et fortement opérateurs dépendants.
L’apparition sur le marché de nouveaux ciments d’obturation de la famille des biocéramiques remet un peu en question nos principes d’obturation. Ces ciments sont composés essentiellement de silicate tricalcique et di calcique, de phosphate, de silice colloïde et d’hydroxyde de calcium. Ils contiennent aussi des radio-opacifiants ainsi que des fluidifiants qui améliorent respectivement la radio-opacité et la viscosité du produit. Ces matériaux sont biocompatibles et bioactifs ; ils possèdent une excellente mouillabilité et présentent lors de la prise un léger coefficient d’expansion ainsi que des propriétés antibactériennes. Ils ont, en outre, une capacité d’adhésion à la dentine qui améliore la résistance mécanique de la dent et ils adhérent enfin parfaitement à des cônes de gutta spécifiques recouverts d’une couche de bio-céramique procurant ainsi une obturation « monobloc » avec trois interfaces adhésives.
Les qualités de ces ciments pourraient remettre à l’ordre du jour la technique du mono cône scellé car, grâce à leur stabilité dimensionnelle et à leur absence de solubilité dans les fluides tissulaires, ils peuvent être considérés comme de véritables matériaux d’obturation et non plus comme des ciments canalaires. L’utilisation d’un cône de gutta, choisi et ajusté en fonction de la conicité du canal, de la longueur de travail et du diamètre apical de la préparation, est cependant encore nécessaire afin de faciliter la diffusion du matériau dans l’ensemble du système endodontique et de servir de guide en cas d’une éventuelle déobturation.
Les références dans la Littérature sont encore limitées mais la synthèse des données laisse penser que cette technique d’obturation, simplifiée et revisitée, d’un monocône scellé est cliniquement acceptable.

Koch K, Brave D, Nasseh AA. A review of bioceramic technology in endodontics. Roots 2012 ; 4 :6-12
Wang Z. Bioceramic materials in endodontics. Endodontic Topics 2015 ; 32 (1) :3-30

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