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Endodontie en omnipratique : impératifs de qualité et réalisme économique - De Jaegher Philippe



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Séance - B35 : Simplification et efficacité en endodontie : oui c'est possible !

Un certain nombre d'études pronostiques dans plusieurs pays ont montré un taux global de réussite autour de 90% lorsque les traitements endodontiques résultaient de la mise en œuvre de techniques standardisées suivant les recommandations de bonne pratique. Or les données de plusieurs enquêtes concernant les traitements endodontiques en France montrent un écart notable avec les conceptions cliniques actuelles (1).
Deux enquêtes réalisées par l’Assurance-maladie ont mis en évidence que parmi les traitements analysés dans les région Pays de la Loire et Rhône-Alpes, respectivement 36,3% et 32,0% présentaient radiographiquement au moins un défaut majeur. Les écarts par rapport aux recommandations portaient essentiellement sur l'usage de la digue, posée dans 5,5% des cas, sur la réalisation d'au moins trois clichés, pré-, per- et postopératoire, effective dans 19,9% des cas, sur l'obturation à l'aide de pâte et d'un monocône dans 60% des cas. Les enquêtes ont montré une corrélation significative entre la présence d’une pathologie apicale et une obturation radiculaire déficiente. Les échec thérapeutiques qui en résultent ont un impact en terme de santé publique compte tenu que se sont plus de 6 millions de traitements endodontiques qui sont réalisés chaque année.
Une enquête menée auprès de 790 chirurgiens dentistes français a montré que ceux-ci estimaient que le tarif fixé par l’assurance-maladie ne correspondait pas au temps nécessaire à la réalisation d’un traitement endodontique suivant les recommandations établies. Ce temps peut être estimé à 35 minutes pour une incisive, 60 minutes pour une prémolaire et 110 minutes pour une molaire. Mais quel est le coût réel d'un traitement endodontique, s'agit-il du coût pour le patient pour le praticien ou pour le système de santé ? Comme tout traitement, le traitement endodontique n'est pas une fin en soi. Il contribue à maintenir la santé d'une personne en conservant une dent dont la vitalité est compromise. Si la qualité d'un traitement peut s'apprécier à tout moment sur des critères reconnus, son efficacité se juge sur la durée, tout au long de la vie. Ainsi au coût initial du traitement endodontique, il convient d'ajouter éventuellement : reprise de traitement, chirurgie apicale, extraction ou mise en place d'un implant, ainsi que les reconstitutions et prothèses réalisées aux différents stades. Une étude comparant le rapport coût-efficacité du traitement canalaire d'une incisive face au remplacement de cette dent par un implant montre que le traitement endodontique reste la solution la plus appropriée et la plus économique, y compris en cas de retraitement ultérieur (2). Ainsi le temps investi dans un traitement initial de qualité améliore l'état de santé sur le long terme tout en réduisant son coût. Personne de refuserait de rémunérer un tel acte à sa valeur.
Autant les praticiens dénonçant l'indigence des tarifs des soins conservateurs, que les patients pointant l’insuffisance de la prise en charge par l'assurance maladie et les complémentaires, ne doivent se leurrer. Tous supportent collectivement l'intégralité de la dépense de santé, qui s’élève aujourd'hui en France à près de 12% du PIB. Quel intérêt aurions nous à ne pas faire dès à présent des traitements endodontiques conformes aux conceptions cliniques actuelles ?

(1) Traitement endodontique : Rapport d'évaluation technologique HAS septembre 2008
(2) Pennington MW, Vernazza CR, Shackley P, Armstrong NT, Whitworth JM, Steele JG. Evaluation of the cost-effectiveness of root canal treatment using conventional approaches versus replacement with an implant. Int Endod J. 2009 Oct;42(10):874-83.

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